L'amour que l'on porte à une ville est souvent un amour secret. Dans le Sud de l'Espagne, s'étend un lieu où commencent des liaisons étranges, transportées par la chaleur et le vent, le sel et les sons. Quand cette cité se met à chanter de sa voix de soprano, les accords s'envolent et viennent heurter de leurs voluptés perlées le plafond du ciel. D'où peuvent bien venir ces notes ? Peu importe, lorsqu'elles vous transmettent à l'oreille une sensation de tendresse et de douleur infinie votre pensée se met à fondre, votre propre vu tamise toutes les lumières environnantes, il est déjà trop tard ! Certains n'aiment pas la musique ? Comment cela est-ce possible ? Lorsque j'étais enfant, je ne percevais aucun son, aucune parole, je ne parlais pas et n'entendais rien. J'avais l'impression que l'on s'approchait de moi avec mépris et dédain, comme si personne ne voulait entendre ce petit chérubin au regard en dessous. Dans ma tête je pensais alors que l'enfance n'était qu'un bouquet de fleurs plein d'épines. Quand de nouveaux bourgeons allaient-ils fleurir ? Eux qui, pour l'instant n'étaient qu'aiguilles finement plantées dans mes petites mains blanches et innocentes.
L'univers de cette contrée aux nuits pures allaient peut être m'aider à rêver. Une nuit ou plutôt un matin, épuisé de marché seul, je pris les chemins du voyage espagnol et titubant comme un homme malade je descendis dans les oubliettes de la vie, de ma vie. Sans nulle crainte, j'osais m'aventurer, moi, le jeune garçon que j'étais, dans les mystères les plus obscurs. Je marchais très longtemps dans ces cryptes sombres sans trouver vraiment un but à ma recherche.
Quand tout d'un coup, apparût devant moi un fauteuil en os et en or sur lequel veillait un chien couvert d'un drap qui m'avait semblé être identique à celui de ma mère. Le Créateur ! Me dis-je en moi ! Non pas celui de tous les hommes, non ! Le mien ! Des êtres étranges guettaient derrière le fauteuil, on aurait dit des hippocampes. Ils vinrent m'encercler, et Dieu soit loué, ils nageaient entre deux eaux la crinière attachée. Mon Créateur tenait entre ses griffes acérées une méduse, il lui dévora les filaments et jeta le reste aux hippocampes. Une fois rassasié, le chien s'écria « C'est moi qui t'es créé j'ai le droit de faire ce que bon me semble de ta vie et plus je te ferais souffrir et plus je serais heureux ! » il reprit une méduse. Les membres paralysés et la gorge sèche je contemplais ce spectacle, médusé.
Dix fois je faillis tomber en arrière comme un homme ivre et dix fois je parvins à garder mon équilibre. Mon corps tremblait de toutes ses fibres comme sous l'effet d'un séisme, ma poitrine compressée n'emmagasinait plus un souffle d'air, j'ouvris la bouche et lâcha un cri perçant, si perçant d'ailleurs qu'il déchira l'air et mes tympans. Cette énergie sonore était nouvelle à mon esprit, moi qui n'avais jamais entendu un son, le voila donc ce cinquième sens ! Mais maintenant, à quoi pouvait bien me servir cette découverte ? M'apporter du plaisir ? Désormais, quand quelqu'un me parlait, une multitude de réminiscences venaient se heurter dans ma tête, se mélangeant aux sentiments et à des mots en couleurs. J'essayais de répondre mais la douleur, trop forte, empêchait aux sons de sortir de mes lèvres desséchées. Je me battais mais le supplice fût terrible, devant mes yeux passaient des chariots de feu, des oiseaux sans ailes aux regards lucides me transperçaient la cage thoracique. Plus tard quand il me semblait avoir compris l'humanité, je ressentis une fureur terrible en pensant que les enfants endurcis ne pouvaient faire que le bien, le mal étant, pour eux, trop pur.
Vous qui me lisez, peu importe qui vous êtes et d'où vous venez, mais quand vous serez à côté de moi n'hésitez pas à laissé échapper une intonation de voix même une syllabe me suffirait afin de rattraper ces silences de mort. Asseyez vous, croisez les jambes, détendez vous, orientez vos pupilles vers moi s'il vous plaît ! J'aurais un sentiment de vérité aussi mince soit-il... J'en ai assez de ces sommeils remplis de cauchemars, de ces souffrances nocturnes, j'ai l'impression que quelqu'un me poursuit sans relâche dans mes souvenirs. O entendre votre voix tomber du volcan en éruption ! La louve pleure car elle a perdu ses petits, la tempête et la brume les ont égarés sa destinée est ainsi faite, elle est condamnée, comme nous tous. Contez moi des histoires, parlez moi de vous, raconter moi des anecdotes j'en raffole : choisissez vos mots, ils seront toujours plus beaux que tout les opprobres que je n'ai jamais su surmonté.
L'univers de cette contrée aux nuits pures allaient peut être m'aider à rêver. Une nuit ou plutôt un matin, épuisé de marché seul, je pris les chemins du voyage espagnol et titubant comme un homme malade je descendis dans les oubliettes de la vie, de ma vie. Sans nulle crainte, j'osais m'aventurer, moi, le jeune garçon que j'étais, dans les mystères les plus obscurs. Je marchais très longtemps dans ces cryptes sombres sans trouver vraiment un but à ma recherche.
Quand tout d'un coup, apparût devant moi un fauteuil en os et en or sur lequel veillait un chien couvert d'un drap qui m'avait semblé être identique à celui de ma mère. Le Créateur ! Me dis-je en moi ! Non pas celui de tous les hommes, non ! Le mien ! Des êtres étranges guettaient derrière le fauteuil, on aurait dit des hippocampes. Ils vinrent m'encercler, et Dieu soit loué, ils nageaient entre deux eaux la crinière attachée. Mon Créateur tenait entre ses griffes acérées une méduse, il lui dévora les filaments et jeta le reste aux hippocampes. Une fois rassasié, le chien s'écria « C'est moi qui t'es créé j'ai le droit de faire ce que bon me semble de ta vie et plus je te ferais souffrir et plus je serais heureux ! » il reprit une méduse. Les membres paralysés et la gorge sèche je contemplais ce spectacle, médusé.
Dix fois je faillis tomber en arrière comme un homme ivre et dix fois je parvins à garder mon équilibre. Mon corps tremblait de toutes ses fibres comme sous l'effet d'un séisme, ma poitrine compressée n'emmagasinait plus un souffle d'air, j'ouvris la bouche et lâcha un cri perçant, si perçant d'ailleurs qu'il déchira l'air et mes tympans. Cette énergie sonore était nouvelle à mon esprit, moi qui n'avais jamais entendu un son, le voila donc ce cinquième sens ! Mais maintenant, à quoi pouvait bien me servir cette découverte ? M'apporter du plaisir ? Désormais, quand quelqu'un me parlait, une multitude de réminiscences venaient se heurter dans ma tête, se mélangeant aux sentiments et à des mots en couleurs. J'essayais de répondre mais la douleur, trop forte, empêchait aux sons de sortir de mes lèvres desséchées. Je me battais mais le supplice fût terrible, devant mes yeux passaient des chariots de feu, des oiseaux sans ailes aux regards lucides me transperçaient la cage thoracique. Plus tard quand il me semblait avoir compris l'humanité, je ressentis une fureur terrible en pensant que les enfants endurcis ne pouvaient faire que le bien, le mal étant, pour eux, trop pur.
Vous qui me lisez, peu importe qui vous êtes et d'où vous venez, mais quand vous serez à côté de moi n'hésitez pas à laissé échapper une intonation de voix même une syllabe me suffirait afin de rattraper ces silences de mort. Asseyez vous, croisez les jambes, détendez vous, orientez vos pupilles vers moi s'il vous plaît ! J'aurais un sentiment de vérité aussi mince soit-il... J'en ai assez de ces sommeils remplis de cauchemars, de ces souffrances nocturnes, j'ai l'impression que quelqu'un me poursuit sans relâche dans mes souvenirs. O entendre votre voix tomber du volcan en éruption ! La louve pleure car elle a perdu ses petits, la tempête et la brume les ont égarés sa destinée est ainsi faite, elle est condamnée, comme nous tous. Contez moi des histoires, parlez moi de vous, raconter moi des anecdotes j'en raffole : choisissez vos mots, ils seront toujours plus beaux que tout les opprobres que je n'ai jamais su surmonté.




